Les lunettes du futur : A quoi pourraient elle ressembler ? | EYESEEMAG
En dehors des nombreux problèmes ergonomiques, technologiques ou encore psychologiques, les échecs rencontrés par la commercialisation des premières lunettes connectées étaient également liés à l’apparence de celles-ci. Cas symptomatique, les Google Glass étaient composées d’un immense arceau en titane surmontant un imposant module en plastique allant jusqu’au-dessus de l’œil droit, laissant apparaître la caméra et l’affichage du mini projecteur. Ce choix de conception rendait l’ensemble très peu esthétique, déséquilibré et donnait à l’utilisateur un air de cyborg, rendant les gens croisant ces lunettes curieux, sceptiques, moqueurs voire méfiants. Le design peu harmonieux et le poids, plus proche d’un casque de réalité virtuelle que de véritables lunettes portables au quotidien, pêchaient aussi par une répartition du poids déséquilibré rendant rapidement le port de ces lunettes inconfortable.
De cet échec, on peut donc conclure que les lunettes du futur devront nécessairement être plus légères, confortables et discrètes que ses prédécesseuses si elles veulent convaincre le grand public. Discrètes, elles le seront également grâce à l’emploi de la conduction osseuse dont on a déjà parlé ici et qui consiste à transmettre le son par le biais de vibrations à l’intérieur de l’oreille. Intégré aux branches des lunettes, ce dispositif est donc invisible une fois la monture portée, débarrasse son utilisateur des solutions auditives classiques peu discrètes (écouteurs, hauts parleurs) et ne coupe pas de l’environnement sonore extérieur.
Légères et confortables, ces lunettes ne le seront qu’au prix d’une miniaturisation des composants qui tirera profits des innovations technologiques et des découvertes liées en particulier au biomimétisme. Développée depuis les années 1990 et déjà à l’origine d’un nombre important d’innovations, le biomimétisme est une méthode consistant à s’inspirer ou imiter des systèmes, des formes, des matières ou des propriétés issus de la nature et de l’étude du vivant. Des batteries plus petites, fiables et endurantes grâce aux algues ou au graphène déjà présent dans la nature, aux appareils photos microscopiques inspirées du fovéa de l’œil de l’aigle, en passant par des caméras plus performantes grâce à l’observation des ocelles des abeilles, certaines recherches issues de la biomimétique trouveront sans doute, à terme, leur place dans les lunettes de demain.
Concernant les matériaux des lunettes actuels, Joël de Rosnay les estime « complètement dépassés par rapport aux matériaux du futur notamment ce qu’on appelle les biomatériaux. Aujourd’hui les lunettes sont composées de verre et de plastique. Avec les biomatériaux on se dirige vers des matières qui ressemblent à des matières vivantes à partir de protéines, de lipides, de collagène ou encore de sucre. Ces matières biologiques seront modifiables à la demande et cela va tout changer ». S’il est difficile de dire quand ces biomatériaux remplaceront les matériaux actuels, une chose est certaine : les lunettes du futur devront nécessairement trouver le bon compromis entre la myriade de technologies et de composants embarqués, l’esthétique générale et le confort pour espérer convaincre le grand public.
Dossier réalisé en partenariat avec Jaw Studio et Joël de Rosnay, conseiller du Président d’Universcience.