Monet, Degas, Van Gogh didn’t see as clearly as we think – EYESEEMAG
Durant de nombreuses années, le célèbre impressionniste ne jure que par le bleu et les teintes froides. Pourtant, vers la fin de sa vie, ses toiles se colorent de rouges et de jaunes, à l’opposé de ses habitudes. Loin d’être un changement de style, il s’agit en fait d’un changement de perception. Claude Monet apprend en effet en 1912 qu’il est atteint de la cataracte, une maladie de l’œil qui aurait bel et bien apporté sa petite touche ici et là. La cataracte, en accentuant l’apport de lumière, diminue la capacité à voir le bleu et le violet et augmente la perception des couleurs chaudes. Le peintre distinguait aussi moins bien les détails, ce qui impactait la finesse de ses traits. « Ma mauvaise vue signifie que je vois tout comme au travers d’un brouillard », écrira-t-il. « C’est tout de même très beau, et c’est ce que j’aimerais pouvoir représenter. » Un brin têtu, il continue donc à peindre, refusant de se faire opérer. Il faut dire qu’à cette époque, ce type d’opération pouvait rendre définitivement aveugle… Pour mieux comprendre à quel point ce trouble de la vision a modifié son œuvre, on peut observer deux peintures :
– Le Bassin aux nymphéas, en 1899, peint sans présence de la cataracte (ci-contre)
– Le pont japonais, en 1922, peint avec cataracte (ci-dessous)
© Claude Monet, Le Bassin aux Nymphéas, 1899